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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 17:23

Suite au premier article paru dans le Dauphiné Libéré, une enseignante retraitée de Grésy sur Aix, Madame Lydie Valette, nous a téléphoné pour nous parler de l’École Normale telle que son mari, Palmyr VALETTE, de la 72 ème promotion (1933-1936) l’avait connue. Elle a ensuite rédigé un article expliquant le passage à l'École Normale vers 1936.

Mme Valette nous a prêté la photo de la promotion en question. Palmyr VALETTE est le jeune homme à lunettes, au second rang, tout à droite. Dans sa promotion il y avait 18 élèves, la plupart issus de milieu ouvrier, par exemple de la SNCF. En même temps, Madame Valette nous a remis un exemplaire des célèbres “Code Soleil” de 1936, intitulé en fait “Le livre des instituteurs” écrit par Joseph SOLEIL (Chef de bureau honoraire au Ministère de l’Éducation Nationale, Chargé des conférences de Législation scolaire aux Écoles Normales supérieures de Fontenay et de Saint-Cloud).
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L’entrée à l’École normale se faisait sur concours. Les élèves scolarisés dans des écoles primaires supérieures ou dans les cours complémentaires, préparaient le concours d’entrée après l’année du Brevet élémentaire (16 ans). L’âge limite pour se présenter au concours était 19 ans. Le normalien s’engageait pour dix ans envers l’État.

À l’EN, les études duraient trois ans. On préparait le brevet supérieur, chaque année se terminant pas un examen portant sur les matières du programme.
1ère année : sciences. Examen oral.
2ème année : examen écrit, mathématiques, sociologie,
3ème année : examen écrit, français, pédagogie et sciences.

Pendant ces trois années, l’élève normalien effectuait plusieurs stages d’une semaine dans une classe des écoles primaires de la région albertvilloise. Sous la conduite de maîtres expérimentés et compétents, le jeune normalien apprenait son futur métier “sur le tas”. Il préparait des “leçons modèles” et perfectionnait ses notions pédagogiques.

La discipline était assez stricte, et la moyenne de 12 exigée chaque semaine conditionnait les sorties. Le futur instituteur devait être un bon élève, sûr de ses connaissances avant de devenir lui-même un enseignant. On ne badinait pas sur ce chapitre. Il y avait cependant quelques bons moments pour l’élève-maître, c’était le jardinage. L’EN avait son jardin et produisait ses légumes sous la responsabilité d’un chef jardinier qui, paraît-il, relâchait un peu la discipline.

À la fin de la 3ème année, nanti du précieux Brevet Supérieur, l’élève-maître terminait sa formation pédagogique dans une classe du département où, pendant un mois, il enseignait sous l’autorité d’un instituteur. Et c’était la première nomination, dans une classe rurale en général, parfois même dans une classe unique. C’était le moment de mettre en pratique tout l’enseignement de l’E.N., se présenter aux autorités locales, préparer sa classe pour la rentrée…

C’est au cours de cette première année que le jeune “pédago” passait son C.A.P. oral. Un inspecteur de l’enseignement primaire, accompagné de deux instituteurs, venait assister à une journée de classe, et notait le nouvel instituteur. L’entrée officielle dans le métier d’enseignant était notée sévèrement. Tout était jugé, français, calcul, histoire, géographie, sciences, mais aussi chant et gymnastique et des questions sur les devoirs et droits des membres de l’enseignement. Voir le “Code Soleil” que tout instituteur devait connaître. Pour la gymnastique, le normalien avait passé un examen spécial à l’École Normale.

Certains très bons élèves de l’E.N., dans une matière particulière, présentaient le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure pour préparer un professorat. Plusieurs normaliens d’Albertville en suivi cette voie.

Lydie Valette le 30 avril 2010

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