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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 00:00

Bernard Pajani, ancien normalien de Haute-Savoie, promo 64-68 de l'EN de Bonneville, mais qui a été de  janvier 66 à juin 68 à l'EN d'Albertville, nous transmet une belle page sur une institutrice savoyarde, son arrière-grand-mère ainsi qu'un document photographique exceptionnel. Je l'en remercie vivement.

On peut trouver son ouvrage "Une famille savoyarde : les Charlet de Notre-Dame-du-Pré et Villard-sur-Doron" paru en décembre 2008 en librairie sur Albertville et Moutiers. On peut aussi lui commander directement sur son site qui mérite aussi le détour. Cliquer ici pour une commande et voir la présentation.

 

Marie-Louise Suatton, institutrice savoyarde (1885 à 1926)

Marie-Louise Suaton fut brevetée le 1er juillet 1885, à l'âge de 16 ans et demi.
On peut noter sa présence à Beaufort-sur-Doron, le 9 novembre 1886 puisque le maire sollicite, par courrier, quelques jours pour que "Mlle Suatton Marie-Louise qui avait été nommée institutrice pour l'école temporaire du hameau du Bersend ... appelée comme adjointe à Aiguebelle"  puisse préparer son trousseau. Officiellement, son relevé de carrière fait apparaître qu'elle entra en fonction, le 1er novembre 1886, à Aiguebelle. Puis, le 1er décembre de la même année, elle exerça à Saint-Sorlin-d'Arves. L'année suivante, le 1er novembre 1887, à Mercury-Gemilly, puis le 1er novembre 1888 à Notre-Dame-de-Bellecombe et enfin le 1er novembre 1890, à Notre-Dame-du-Pré.

Sa présence à Notre-Dame-du-Pré (1890-1895)

Peu de temps avant la rentrée scolaire du 1er novembre 1890, le maire de Notre-Dame-du-Pré, Ambroise Terraz, ayant été informé de l'heure d'arrivée de la nouvelle institutrice de 22 ans, à la gare de Pomblières, envoya un cultivateur à sa rencontre afin de l'aider à transporter ses bagages au village. César Charlet, 23 ans, fils d'Eugène qui possédait une carriole à cheval pour livrer ses semences à Moûtiers, était tout désigné. Il déclara, simplement pour s'amuser, à qui voulait l'entendre : "Je vais chercher ma femme !"
Il ne pensait pas si bien dire, évidemment !
Moins d'un an plus tard, le 10 octobre 1891, les tourtereaux se marièrent dans le village de l'époux, contrairement à l'usage qui voulait que le couple se mariât dans celui de l'épouse. Sans doute en raison du fait que Marie-Louise y était une personnalité remarquable comme institutrice. La maison commune s'anima, à 10 heures, en recevant le futur époux, l'institutrice et de nombreux parents et amis dont leurs pères et mères respectifs, ainsi que Dominique Deschamps, 48 ans, oncle de l'époux, Jean Bouvier, 39 ans, cousin de l'époux, Amand Romanet 24 ans, ami des époux, tous trois cultivateurs et domiciliés à Notre-Dame-du-Pré et François Jacquier, 30 ans, beau-frère de l'époux, cultivateur, domicilié à Feissons-sur-Salins.

Sa présence à Villard-sur-Doron (1895-1900)


Pour la rentrée scolaire de 1895, Marie-Louise Suaton prend son nouveau poste, à Villard-sur-Doron, village de son enfance, pour le 1er novembre, au hameau du Cray puis au chef-lieu, en remplacement d'une institutrice qui a suivi son mari.
Mais les deuils successifs, dus à la perte de son père et de trois de leurs enfants, ainsi que la volonté de son mari de retourner en Tarentaise lui font demander son changement.

 

1902-Ecole-NDP-Hauteville--1-.jpg

Nouvelle installation à Notre-Dame-du-Pré (hameau d'Hauteville) (1900-1904)


C'est, sans aucun doute à l'école du hameau d'Hauteville, qu'est prise la seule photo de toute sa carrière, sur laquelle on reconnaît ses deux enfants, Bernadette et Marcelle, à sa droite. (cliquer dessus pour l'agrandir)
Il n'a pas été possible de reconnaître d'autres personnes nées dans les années 1890 à 1900.

Déplacement à Saint-Marcel (hameau de Montmagny) (1904-1926)

En cette période troublée de séparation des Eglises et de l'Etat, elle est déplacée par l'inspection académique, suite à une cabale des parents d'élèves, due principalement à ses idées cléricales. C'est à la fin du mois d'avril que le maire signe son procès verbal d'installation dans l'école de la commune qu'elle vient de rejoindre.
Elle y restera jusqu'à la fin de sa carrière qui se terminera le 31 décembre 1926, malgré sa demande de prolongation en raison du fait que l'un de ses enfants poursuit des études supérieures.

Extrait de « Une famille savoyarde » en librairie sur Albertville et Moutiers par Bernard Pajani arrière-petit-fils de l'institutrice

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 18:00

Madame Lydie Valette de Grésy sur Aix, dont nous avons déjà publié deux textes (Palmyr Valette et la 72ème promotion) nous propose ici une réflexion sur l’impact de l’École Normale sur les élèves-maîtres, et sur la valeur des Cours Complémentaires. Elle termine par une description de la Conférence Pédagogique.

Des maîtres bien formés et appréciés, et le rôle des Cours Complémentaires

Au côté de mon mari, j’ai découvert la marque profonde que lui a laissé son passage à l’École Normale. Non seulement la rigueur de l’enseignement (on ne peut enseigner que ce que l’on connaît bien) mais aussi la moralité et l’esprit. Il donnait tout à ses élèves afin de leur permettre de bien se débrouiller dans la vie après leur scolarité. Certains ont eu la chance de très bien s’en sortir (médecin, ingénieurs, professeurs), les autres réussissant dans différents métiers.

Les enseignants “normaliens” ont marqué leur temps et laissé dans la mémoire de leurs élèves un souvenir impérissable. Certains nous manifestent encore leur reconnaissance, ce qui nous touche profondément.

Les jeunes normaliens venaient de milieux assez divers, Écoles Primaires Supérieures (en ville) mais surtout des Cours Complémentaires (dans les chefs lieux de cantons). Ces Cours Complémentaires étaient tenus par des maîtres remarquables, souvent des couples qui se partageaint tous les cours du programme et qui, par leurs qualités pédagogiques, étaient déjà des modèles pour les candidats à l’entrée à l’E.N.

Cette exposition anniversaire leur rendra, je le souhaite, l’hommage qu’ils méritent.

La Conférence Pédagogiqueconf_pedago.jpg

Quelques semaines après la rentrée, les instituteurs étaient convoqués à la Conférence pédagogique annuelle qui se déroulait au chef-lieu de canton.

Ce jour là, l’Inspecteur départemental de l’enseignement primaire accueillait les nouveaux pédagos, les informait des nouvelles directives… Et, il abordait enfin le vrai sujet de la rencontre. Le thème pédagogique portait sur la façon d’enseigner telle ou telle matière du programme dans les différentes classes. Chacun ensuite pouvait s’exprimer sur ce qui venait d’être exposé.

La conférence pédagogique se terminait alors dans un restaurant où tous les enseignants du canton avaient plaisir à se retrouver avant de rejoindre leurs postes respectifs.

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